[Rétrospective des Thèmes] Soufre-Mercure-Sel: les trois principes

[Rétrospective des Thèmes]
Soufre-Mercure-Sel: les trois principes

Souvenir 11 JUILLET 2017

https://lalchimieauquotidien.wordpress.com/2017/07/11/soufre-mercure-sel-les-trois-principes/

 

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Nous avions étudié précédemment les principes opposés mais complémentaires masculin/féminin.

Comme l’écrit Serge Hutin « Toutes les oppositions s’ordonnent en fonction de l’opposition fondamentale masculin-féminin : le Grand Œuvre, c’est l’union de l’élément mâle, le Soufre, et de l’élément femelle, le Mercure. »

Intéressons nous alors à ces fameux éléments, que l’on croise un peu partout du Soufre et du Mercure auquel on ajoute volontiers le Sel.

Paracelse pose plus précisément le concept des Trois Principes alchimiques : Selon lui, la vie de l’être humain est inséparable de celle de l’univers car on y retrouve à chaque fois le sel, le soufre et le mercure. Ils se présentent sous la forme de l’esprit, de l’âme et du corps lorsqu’il s’agit de l’être humain. L’homme est triple car « il appartient au monde divin par son âme, au monde visible par son corps, au monde angélique par le fluide vital, l’ « esprit », qui s’interpose entre l’âme et le corps comme une sorte de lien. »

Robert Fludd reprend à ce sujet : « Il y a trois monde, le monde archétype, le macrocosme et le et le microcosme, c’est-à-dire Dieu, la nature de l’homme. » Le monde divin renferme en lui l’être de toute manifestation, il enveloppe tous les mondes, car il est ce « cercle dont le centre est partout, la circonférence nulle part». Le monde matériel et l’homme sont construits sur le même plan divin : il y a trois Personnes en Dieu, trois principes matériels (le « soufre », le « sel », et le « mercure »), trois principes formant l’être humain (le corps, l’esprit, l’âme).

Je vous partage le très clair exposé de Serge Hutin (encore et toujours ! ) à la page 69 de son livre « L’Alchimie » paru au PUF réédition 2012. « Les alchimistes distinguent deux principes opposés, le Soufre et le Mercure, auxquels ils associent un moyen : le Sel. […] Il faut dès maintenant remarquer que ces noms de Soufre, Mercure, Sel (ou Arsenic) ne désignent pas les corps chimiques du même nom, mais représentent certaines qualités de la matière : le Soufre désigne les propriétés actives (par exemple : combustibilité, pouvoir d’attaquer les métaux), le Mercure les propriétés dites « passives » (par exemple : éclat, volatilité, fusibilité malléabilité) ; quant au Sel, c’est le moyen d’union entre le Soufre et le Mercure, comparé souvent à l’esprit vital qui unit l’âme au corps. Le Mercure, c’est la matière, le principe passif, féminin ; le Soufre, la forme, le principe actif, masculin ; quant au Sel, c’est le mouvement, moyen terme grâce auquel le Soufre donna à la matière toutes espèces de formes (ainsi se trouve observée la « loi du triangle » celle du ternaire : les deux principes en postulent un troisième).

Le Soufre et le Mercure symbolisent les deux propriétés contraires de la matière : « Je dis : il y a deux natures, l’une active, l’autre passive. Mon maître me demanda : quelles sont ces deux natures ? Et je répondis : l’une est de la nature du chaud, l’autre du froid. Quelle est la nature du chaud ? le chaud est actif et le froid passif. » ( Artephius, Clavis Majoris sapientiae) Le Soufre, c’est le principe fixe, le Mercure le principe volatil. D’où le tableau suivant :

Soufre // Masculin // Actif // Chaud // Fixe
Matière première :
Mercure // Féminin // Passif // Froid // Volatil

Les alchimistes déduisent de là toute une théorie sur la genèse des métaux, d’où les qualificatifs de père et de mère des métaux donnés au Soufre, principe actif, et au Mercure, principe passif : séparés dans le sein de la terre, les deux principes, attirés sans cesse l’un vers l’autre, se combinent en diverses proportions pour former métaux et minéraux sous l’influence du feu central ; et, selon l’expression d’Albert le Grand dans son Composé des Composés, « La différence seule de cuisson et de digestion produit la variété dans l’espèce métallique ».

Pour aller plus loin : http://spiritualites.fr/alchimie/soufre-sel-et-mercure/

http://www.ledifice.net/3183-1.html

Ce lien, outre le fait qu’il émane d’un site que je tiens en très haute estime, a le grand avantage de nous proposer un extrait de « La Grande Triade » de René Guenon https://le-miroir-alchimique.blogspot.fr/…/guenon-le-soufre…

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[Pensée] Le cœur, l’esprit, l’âme : s’écouter, s’aligner ou se laisser emporter par l’opinion du plus grand nombre.

[Pensée]

Le cœur, l’esprit, l’âme : s’écouter, s’aligner ou se laisser emporter par l’opinion du plus grand nombre.

Le problème de bien des gens aujourd’hui, c’est qu’ils écoutent bien plus leur tête que leur cœur. Ne parlons donc point d’écouter leur âme, ils pensent qu’ils n’en ont pas ou qu’elle ne leur appartient guère.

Le problème majeur d’écouter sa tête avant le reste, est qu’une tête, aussi sûr de notre liberté et notre capacité à décider sommes-nous, est hautement influençable. Nous nous laissons, malgré nous, porter, bercer, incliner par l’opinion, même sous-jacente, des autres. Inconsciemment, discrètement, invisiblement, ce qu’ils pensent de nos choix nous conditionnent. Ma partenaire actuelle vous convient bien mieux que l’ancienne n’est-ce pas ? Je ne sais pas moi-même, mais vous devez sans doute avoir raison(mes amis sont bien plus importants que la femme avec laquelle je risque de passer la fin de mes jours, c’est certain). J’aimerais devenir artisan. Comment ? Travailler en banques ou assurances rapporte plus ? Vous devez sans doute avoir raison.

Fervent défenseur de la démocratie, je pense cependant qu’il arrive parfois que l’opinion du plus grand nombre ne soit pas la bonne.
Pourquoi ? Nous en revenons au problème du départ (tel un serpent se mordant la queue ou Ouroboros dialectique) : parce que la majorité des gens écoutent bien plus leur tête que leur cœur ou leur âme. Quelle place est faite alors à la Lumière ? Quelle place est faite alors à la Vérité ?
L’opinion du plus grand nombre est-elle Lumière ? L’opinion du plus grand nombre est-elle Vérité ?
Et c’est pourtant l’opinion du plus grand nombre qui a condamné Socrate à la mort. Condamné injustement à boire la ciguë, ses défenseurs lui proposèrent de s’échapper. Ce qu’il refuse, par amour pour la démocratie, par respect pour l’opinion du plus grand nombre. Quel grand homme nous perdîmes, hélas, sur l’autel de l’opinion du plus grand nombre.

Toi qui me lis, bien tranquille, au chaud dans ta maison de campagne, toi qui est si sûr de toi, de ce que tu penses, de ce que tu ressens : écoutes-tu ton cœur ? Écoutes-tu ton âme ? Quand tu vas te coucher, dans la chaleur de ton corps, dans la chaleur du sien : es-tu sûr que tu es dans la Lumière ? Es-tu sûr que tu es dans la Vérité ?

Vous qui lisez ces lignes, qui avez rejoint cette page, vous qui vous intéressez à la Spiritualité, à l’Alchimie, à la beauté éclatante du Grand Oeuvre, savez-vous écouter ce qu’il y a au plus profond de vous ? Si vous ne le savez pas, je crains que votre quête ne soit vaine. A moins que vous n’ayez rejoint ces lieux par pure fantaisie, par accessoire, pour faire joli. Maintes personnes s’auto-satisfont intellectuellement par telle ou telle lecture, par telle ou telle intervention : sauriez-vous mesurer la profondeur de vos cœurs, sauriez-vous mesurer la profondeur de vos âmes ?

« Il faut rectifier la Matière » : ne comprenez-vous pas qu’il nous faut nous rectifier nous même en alignant, dans la droite mesure : le cœur (corps) l’esprit (spiritus) et l’âme (anima) ? Rectifier la matière c’est rectifier l’Âme a tiers, qui entre dans cette trinité du cœur, de l’esprit et de l’âme. C’est la condition sine qua none à toute entreprise alchimique.

Puissiez-vous le comprendre, puissiez-vous l’appliquer.

Bonne chance sur les chemins de la Co-(n)naissance.

soleil

[Rétrospective des Textes et PDF] Fable alchimique de La Fontaine

[Rétrospective des Textes et PDF]
Fable alchimique de La Fontaine

Souvenir du 6 AOÛT 2017 / LALCHIMIEAUQUOTIDIEN /

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Je vous laisse vous délecter de son symbolisme

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« Je subtiliserais un morceau de matière, Que l’on ne pourrait plus concevoir sans effort, Quintessence d’atome, extrait de la lumière, » [La Fontaine, Fabl. X, 1]

Les deux rats, le Renard et l’Oeuf

Après un Discours à Mme de la Sablière
Iris, je vous louerais : il n’est que trop aisé,
Mais vous avez cent fois notre encens refusé,
En cela peu semblable au reste des mortelles,
Qui veulent tous les jours des louanges nouvelles.
Pas une ne s’endort à ce bruit si flatteur.
Je ne les blâme point; je souffre cette humeur :
Elle est commune aux dieux, aux monarques, aux belles.
Ce breuvage vanté par le peuple rimeur,
Le nectar que l’on sert au maître du tonnerre,
Et dont nous enivrons tous les dieux de la terre
C’est la louange, Iris. Vous ne la goûtez point;
D’autres propos chez vous récompensent ce point :
Propos, agréables commerces,
0ù le hasard fournit cent matières diverses,
Jusque-là qu’en votre entretien
La bagatelle a part : le monde n’en croit rien.
Laissons le monde et sa croyance.
La bagatelle, la science,
Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens
Qu’il faut de tout aux entretiens :
C’est un parterre où Flore épand ses biens;
Sur différentes fleurs l’abeille s’y repose,
Et fait du miel de toute chose.
Ce fondement posé, ne trouvez pas mauvais
Qu’en ces fables aussi j’entremêle des traits
De certaine philosophie,
Subtile, engageante, et hardie.
On l’appelle nouvelle : en avez-vous ou non
Ouï parler! Ils disent donc
Que la bête est une machine;
Qu’en elle tout se fait sans choix et par ressorts :
Nul sentiment, point d’âme; en elle tout est corps.
Telle est la montre qui chemine
A pas toujours égaux, aveugle et sans dessein.
Ouvrez-la, lisezdans son sein :
Mainte roue y tient lieu de tout l’esprit du monde;
La première y meut la seconde;
Une troisième suit : elle sonne à la fin.
Au dire de ces gens, la bête est toute telle :
» L’objet la frappe en un endroit;
Ce lieu frappé s’en va tout droit,
Selon nous, au voisin en porter la nouvelle.
Le sens de proche en proche aussitôt la reçoit.
L’impression se fait. » Mais comment se fait-elle?
Selon eux, par nécessité,
Sans passion, sans volonté :
L’animal se sent agité
De mouvements que le vulgaire appelle
Tristesse, joie, amour, plaisir, douleur cruelle,
Ou quelque autre de ces états.
Mais ce n’est point cela : ne vous y trompez pas.
– Qu’est-ce donc! – Une montre. – Et nous? – C’est autre chose
Voici (de la façon que Descartes l’expose,
Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu
Chez les païens, et qui tient le milieu
Entre l’homme et l’esprit, comme entre l’huître et l’homme
Le tient tel de nos gens, franche de somme) :
Voici, dis-je comment raisonne cet auteur :
» Sur tous les animaux, enfants du Créateur,
J’ai le don de penser! et je sais que je pense; »
Or vous savez, Iris, de certaine science,
Que, quand la bête penserait,
La bête ne réfléchirait
Sur l’objet ni sur sa pensée.
Descartes va plus loin, et soutient nettement
Qu’elle ne pense nullement.
Vous n’êtes point embarrassée
De le croire; ni moi.
Cependant, quand aux bois
Le bruit des cors, celui des voix,
N’a donné nul relâche à la fuyante proie,
Qu’en vain elle a mis ses efforts
A confondre et brouiller la voie,
L’animal chargé d’ans, vieux cerf, et de dix cors,
En suppose un plus jeune, et l’oblige par force
A présenter aux chiens une nouvelle amorce.
Que de raisonnements pour conserver ses jours!
Le retour sur ses pas, les malices, les tours,
Et le change, et cent stratagèmes
Dignes des plus grands chefs, dignes d’un meilleur sort.
On le déchire après sa mort :
Ce sont tous ses honneurs suprêmes.
Quand la perdrix
Voit ses petits
En danger, et n’ayant qu’une plume nouvelle
Qui ne peut fuir encor par les airs le trépas,
Elle fait la blessée, et va, traînant de l’aile,
Attirant le chasseur et le chien sur ses pas,
Détourne le danger, sauve ainsi sa famille;
Et puis, quand le chasseur croit que son chien la pille,
Elle lui dit adieu, prend sa volée et rit
De l’homme qui, confus, des yeux en vain la suit.

Non loin du Nord il est un monde
Où l’on sait que les habitants
Vivent, ainsi qu’aux premiers temps,
Dans une ignorance profonde.
Je parle des humains! car, quant aux animaux,
Ils y construisent des travaux
Qui des torrents grossis arrêtent le ravage
Et font communiquer l’un et l’autre rivage.
L’édifice résiste, et dure en son entier :
Après un lit de bois est un lit de mortier.
Chaque castor agit : commune en est la tâche;
Le vieux y fait marcher le jeune sans relâche;
Maint maître d’oeuvre y court, et tient haut le bâton
La république de Platon
Ne serait rien que l’apprentie
De cette famille amphibie.
Ils savent en hiver élever leurs maisons,
Passent les étangs sur des ponts,
Fruit de leur art, savant ouvrage;
Et nos pareils ont beau le voir,
Jusqu’à présent tout leur savoir
Est de passer l’onde à la nage.
Que ces castors ne soient qu’un corps vide d’esprit,
Jamais on ne pourra m’obliger à le croire;
Mais voici beaucoup plus; écoutez ce récit,
Que je tiens d’un roi plein de gloire.
Le défenseur du Nord vous sera mon garant :
Je vais citer un prince aimé de la Victoire;
Son nom seul est un mur à l’empire ottoman.
C’est le roi polonais. Jamais un roi ne ment.

Il dit donc que, sur sa frontière,
Des animaux entre eux ont guerre de tout temps :
Le sang qui se transmet des pères aux enfants
En renouvelle la matière.
Ces animaux, dit-il, sont germains du renard.
Jamais la guerre avec tant d’art
Ne s’est faite parmi les hommes,
Non pas même au siècle où nous sommes.
Corps de garde avancé, vedettes, espions,
Embuscades, partis, et mille inventions
D’une pernicieuse et maudite science,
Fille du Styx, et mère des héros,
Exercent de ces animaux
Le bon sens et l’expérience.
Pour chanter leurs combats, l’Achéron nous devrait
Rendre Homère. Ah! s’il le rendait,
Et qu’il rendît aussi le rival d’Épicure,
Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci?
Ce que j’ai déjà dit : qu’aux bêtes la nature
Peut par les seuls ressorts opérer tout ceci,
Que la mémoire est corporelle;
Et que, pour en venir aux exemples divers
Que j’ai mis en jour dans ces vers,
L’animal n’a besoin que d’elle.
L’objet, lorsqu’il revient, va dans son magasin
Chercher, par le même chemin,
L’image auparavant tracée,
Qui sur les mêmes pas revient pareillement,
Sans le secours de la pensée,
Causer un même événement.
Nous agissons tout autrement :
La volonté nous détermine,
Non l’objet, ni l’instinct. Je parle, je chemine :
Je sens en moi certain agent,
Tout obéit dans ma machine
A ce principe intelligent.
Il est distinct du corps, se conçoit nettement,
Se conçoit mieux que le corps même :
De tous nos mouvements c’est l’arbitre suprême.
Mais comment le corps l’entend-il?
C’est là le point. Je vois l’outil
Obéir à la main : mais la main, qui la guide?
Eh! qui guide les cieux et leur course rapide?
Quelque ange est attaché peut-être à ces grands corps.
Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts,
L’impression se fait : le moyen, je l’ignore :
On ne l’apprend qu’au sein de la Divinité;
Et, s’il faut en parler avec sincérité,
Descartes l’ignorait encore.
Nous et lui là-dessus nous sommes tous égaux :
Ce que je sais, Iris, c’est qu’en ces animaux
Dont je viens de citer l’exemple,
Cet esprit n’agit pas : l’homme seul est son temple.
Aussi faut-il donner à l’animal un point,
Que la plante, après tout, n’a point,
Cependant la plante respire.
Mais que répondra-t-on à ce que je vais dire?

Les deux rats, le Renard et l’Oeuf
Deux rats cherchaient leur vie; ils trouvèrent un oeuf.
Le dîné suffisait à gens de cette espèce :
Il n’était pas besoin qu’ils trouvassent un boeuf.
Pleins d’appétit et d’allégresse,
Ils allaient de leur oeuf manger chacun sa part,
Quand un quidam parut : c’était maître renard.
Rencontre incommode et fâcheuse :
Car comment sauver l’oeuf? Le bien empaqueter,
Puis des pieds de devant ensemble le porter,
Ou le rouler, ou le traîner :
C’était chose impossible autant que hasardeuse.
Nécessité l’ingénieuse
Leur fournit une invention.
Comme ils pouvaient gagner leur habitation,
L’écornifleur étant à demi-quart de lieue,
L’un se mit sur le dos, prit l’oeuf entre ses bras,
Puis, malgré quelques heurts et quelques mauvais pas,
L’autre le traîna par la queue.
Qu’on m’aille soutenir, après un tel récit,
Que les bêtes n’ont point d’esprit!

Pour moi, si j’en étais le maître,
Je leur en donnerais aussi bien qu’aux enfants.
Ceux-ci pensent-ils pas dès leurs plus jeunes ans?
Quelqu’un peut donc penser ne se pouvant connaître.
Par un exemple tout égal,
J’attribuerais à l’animal,
Non point une raison selon notre manière,
Mais beaucoup plus aussi qu’un aveugle ressort :
Je subtiliserais un morceau de matière,
Que l’on ne pourrait plus concevoir sans effort,
Quintessence d’atome, extrait de la lumière,
Je ne sais quoi plus vif et plus mobile encor
Que le feu; car enfin, si le bois fait la flamme,
La flamme en s’épurant, peut-elle pas de l’âme
Nous donner quelque idée? et sort-il pas de l’or
Des entrailles du plomb? Je rendrais mon ouvrage
Capable de sentir, juger, rien davantage,
Et juger imparfaitement,
Sans qu’un singe jamais fît le moindre argument.
A l’égard de nous autres hommes,
Je ferais notre lot infiniment plus fort :
Nous aurions un double trésor :
L’un, cette âme pareille en tous tant que nous sommes,
Sages, fous, enfants, idiots,
Hôtes de l’univers, sous le nom d’animaux;
L’autre, encore une autre âme, entre nous et les anges
Commune en un certain degré;
Et ce trésor à part créé
Suivrait parmi les airs les célestes phalanges,
Entrerait dans un point sans en être pressé,
Ne finirait jamais, quoique ayant commencé :
Choses réelles, quoique étranges.
Tant que l’enfance durerait,
Cette fille du ciel en nous ne paraîtrait
Qu’une tendre et faible lumière :
L’organe étant plus fort, la raison percerait
Les ténèbres de la matière,
Qui toujours envelopperait
L’autre âme imparfaite et grossière.

Raymond Lulle

Raymond Lulle

Le cas de Raymond Lulle, maintes fois cité, est à éclaircir. L’article de Wikipédia fait la distinction entre Raymond Lulle et le pseudo Raymond Lulle, je vous laisse le parcourir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Lulle

raymond lulle

Dans son impressionnant ouvrage : « Alchimie, contribution à l’histoire de l’art alchimique », Bruxelles, Dervy, 1985, Jacques Van Lennep nous en dresse une succincte et intéressante présentation à la page 18:

« Le cas du philosophe majorquin Raymond Lulle est plus clair. Il ne cessa de condamner l’alchimie dans ses œuvres authentiques mais cela n’empêcha pas qu’avant 1500, une cinquantaine d’écrits alchimiques fussent mis à son nom. Ainsi, le Testamento dédié au roi Édouard d’Angleterre en 1332, alors que Lulle était mort en 1315 !
Ces traités alchimiques lulliens pourraient avoir été conçus par ses disciples. Ceux-ci auraient appliqué à la science d’Hermès les théories de leur maître, telles qu’elles furent exposées dans les ouvrages mentionnés dans l’autobiographie qu’il dicta à Paris en 1311. La tradition a conservé des épisodes tendant à démontrer que Lulle pratiqua l’alchimie, mais ils sont anachroniques ou ne concordent pas avec cette autobiographie.
Lulle naquit vers 1232-35 à Palma de Majorque où il passa plusieurs années et où il apprit l’arabe. Il fut le précepteur des fils de Jacques Ier Roi d’Aragon et entreprit d’évangéliser l’Afrique du Nord où, en 1316, il périt lapidé (voir Llinares, A. : Raymond Lulle, philosophe de l’action, Paris, 1963).
Dans de nombreux textes, Lulle combat l’alchimie opérative sans jamais toucher aux aspects spéculatifs. Il ne semble pas avoir eu cette opinion pendant toute son existence, car dans un ouvrage écrit en 1272, il admet la réalité de la transmutation. On en a parfois déduit que le symbolisme hermétique aurait pu l’influencer. Il n’en demeure pas moins que, pour lui, l’or – qui était à l’origine de tous les maux- existait avant tout dans l’imagination de l’alchimiste qu’il qualifiait d’être phantasticus.
Quelle qu’ait été l’opinion de Lulle, on ne peut nier l’influence considérable de son symbolisme logico-mathématique, l’Ars magna, sur l’alchimie. »

Je vous laisse en compagnie de cet article : Raymond Lulle, le Docteur illuminé , André Morazzani, Bulletin de l’Association Guillaume Budé Année 1963 2 pp. 190-208 : https://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1963_num_1_2_4030

[Restrospective] Pensée : « Je sais que je ne sais rien » « Scio me nihil scire »

[Restrospective] Pensée : « Je sais que je ne sais rien » « Scio me nihil scire »

Souvenir du 1er AOÛT 2017 / LALCHIMIEAUQUOTIDIEN

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Voilà un adage qu’il ne faut jamais oublier, sans cesse se rappeler, et ce, quelle que soit la spiritualité que vous avez choisie. Mais si vous vous êtes penchés sur notre Etude et que vous souhaitez vous consacrer à notre Science, il faut garder sans cesse, à chaque instant, ce précepte en tête, JE SAIS QUE JE NE SAIS RIEN.

Je sais que je ne sais rien s’écrit en grec ancien « ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα » hén oȋda hóti ou-dèn oȋda.

On remarquera que cette phrase en Grec est très intéressante en sa prononciation. En effet, tous les mots qui composent cette phrase commencent par une voyelle, ce qui donne un sentiment de légèreté et d’ouverture, la phrase commence par une aspiration (epsilon avec l’esprit qui se prononce comme un h aspiré) puis elle coule comme de l’eau avec sa succession de voyelles et de « o », elle est ponctuée de consonnes dentales (delta et tau) comme un martèlement terrestre. Elle est animée d’une ardeur ignée. Répétez là et vous vous en rendrez compte. Répétez là plusieurs fois et on réalisera qu’elle ressemble à une phrase de liturgie, une certaine puissance presque magique s’en dégage. « ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα » hén oȋda hóti ou-dèn oȋda. C’est une véritable litanie.

En latin elle se prononce ainsi : « scio me nihil scire »
Les allitérations en -s ne sont pas sans faire penser au Serpent de la Connaissance, elle rappelle notre Science (du même mot latin Scio : savoir). La phrase, comme notre Ouroboros qui se mord la queue, commence par un mot en -sci et se termine par un mot en -sci au milieu de laquelle l’homme se retrouve « me » accolé à « nihil » au néant, au rien : l’homme doit se confronter à son propre néant, à sa propre méconnaissance et la reconnaître, l’accepter et l’embrasser comme les mots « scio » et « scire » embrassent l’homme et son néant « me nihil ». La phrase en latin possède une puissance ondulatoire, si on la prononce plusieurs fois à voix haute, on entend l’accent monter, redescendre, puis remonter (ce qui est en haut et ce qui est en bas, puis ce qui est en haut)

Cette maxime est une maxime attribuée au philosophe grec Socrate.
Elle est également connue sous la traduction littérale du grec ancien qui donne « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ».
On trouve ce fameux adage chez Platon dans l’Apologie de Socrate (21d), et dans le Ménon (80d 1-3).

Michel de Montaigne s’est inspiré de Socrate en se fondant notamment sur cette maxime. (wikipedia)
Socrate (en grec Σωκράτης) est un philosophe de la Grèce antique, considéré comme le père de la philosophie occidentale, l’inventeur de la science morale et de la philosophie conceptuelle.
Cet adage, souvent appelé le Paradoxe socratique, est-il vraiment un paradoxe ? Comme le doute hyperbolique de Descartes, n’est-il pas primordial de remettre en cause, en doute, notre confiance absolue en notre Connaissance, n’est-ce pas un excès d’Ego ? Cette phrase nous apprend à prendre tout d’abord une posture d’humilité : je sais que je ne sais rien revient à reconnaître que nous avons encore tout à apprendre et tout à découvrir, c’est revêtir l’habit orange de l’apprenant. Ne sommes-nous pas d’éternels apprentis ?
Cette maxime nous enseigne qu’il faut rester ouverts, (l’ouverture du « o » oméga de la phrase grecque) par là nous gardons la capacité d’être surpris, de la surprise naît l’étonnement (l’étonnement de l’assonance en « o » de la phrase grecque) . L’étonnement, c’est le coup de tonnerre qui tonne, nous électrifie, nous paralyse et nous oblige à rester sur place pour revoir le fondement de nos pensées, de nos opinions, de nos postulats. De l’étonnement naît l’émerveillement, et de l’émerveillement l’illumination.

Ainsi, sachez que vous ne savez pas. Vous n’aurez jamais assez de cette vie pour tout savoir. Certes vous apprendrez des choses, vous découvrirez, vous vous constituerez une somme de connaissances certaines. Mais que Saurez-vous au seuil de la Mort ? Aurez-vous acquis la Connaissance absolue et Universelle, aurez-vous atteint la Vérité ? je crains que non, car la seule chose que vous saurez le moment venu, c’est que vous ne savez pas.

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[Citation]

[Citation]

« La langue des oiseaux est un idiome phonétique basé uniquement sur l’assonance. On n’y tient donc aucun compte de l’orthographe, dont la rigueur même sert de frein aux esprits curieux et rend inacceptable toute spéculation réalisée en dehors des règles de la grammaire. »

Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, tome I

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[Ré-ouverture de la Page et du Blog]

[Ré-ouverture de la Page et du Blog]

Chers tous,

Tout d’abord je vous souhaite une très belle année 2019, pleine de découvertes et de richesses intérieures. Les années passent et l’Humanité semble peu à peu plonger dans une torpeur et un mépris des choses essentielles. Notre civilisation est en pleine décadence, mais en parallèle, nous pouvons nous targuer que, parmi elle, certains êtres « s’illuminent », c’est-à-dire prennent peu à peu conscience de l’importance de la nature qui nous entoure, de l’importance du respect de la vie animale, de l’importance de conserver une part de spiritualité, peu importe que nous soyons croyant ou athée. J’ai bon espoir que les flambeaux de la conscience individuelle s’allument un à un dans la nuit collective où nous nous trouvons ( » Notre espérance est le flambeau dans la nuit: il n’y a pas de lumière éblouissante, il n’y a que des flambeaux dans la nuit. » Edgar Morin, « Vers l’Abîme? »). A force de prise de conscience, à force d’évoluer spirituellement, à force de dire non aux forces actuelles destructrices et à force d’éduquer les générations futures, nous entrerons, je le souhaite, dans une ère bien plus saine. Hélas ! Cela ne se fera pas sans de grands sacrifices dans les décennies à venir. (complexe Ère du Verseau)

Trêve de philosophie, que cette année 2019 vous soit propice !

Avant de prendre des congés, je vous informais qu’étant sur d’autres fronts (notamment professionnels) il me fallait faire une courte pause (ne faut-il pas savoir également se laisser désirer?). Les publications reprennent et continueront sur un rythme bien plus espacé, qu’en 2017, voire qu’en 2018. 3 à 4 publications s’offriront à vous par semaine, parmi lesquelles des [Rétrospectives], rediffusions d’articles passés à la fois pour en faire profiter les nouveaux venus, mais aussi parce que l’étude de l’alchimie requiert des allers et venues incessantes entre ce que nous avons appris au tout début et ce que nous apprenons par la suite.

Je vous rappelle que l’Alchimie au Quotidien est aussi un blog, qui rend la lecture, l’archivage et la recherche d’articles par thèmes bien plus agréable. Il compte près de 20 000 visites depuis sa création, c’était inespéré pour l’humble entreprise que représente cette petite page et ce petit blog. Merci à tous pour votre intérêt, votre curiosité et votre fidélité. https://lalchimieauquotidien.wordpress.com/

Un dernier rappel qui me semble essentiel: je ne suis ni spécialiste de l’Alchimie, ni initié(e) aux secrets de l’Hermétisme. Je suis bien moins intelligent(e) et instruit(e) qu’il n’y paraît, je dirais même que plus j’avance et plus je prends conscience de la bête épaisse et ignorante que je suis. Pour des fins connaisseurs et des gens bien plus avancés que moi, vous avez des références récurrentes aux bons auteurs, aux meilleurs blogs et sites que les miens.

Bonne lecture et n’hésitez pas à partager vous-mêmes des articles, des sites, des informations qui vous semblent pertinentes.

Très bonne journée et au plaisir de vous retrouver.

Amicalement,
Charlisban

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Congés d’hiver jusqu’au 1er janvier

Congés d’hiver jusqu’au 1er janvier

Actuellement très occupé(e) par un projet professionnel de longue haleine, je me vois dans l’obligation d’accorder un petit congé d’hiver à la page.

Elle ré-ouvrira ses portes dès le 1er janvier.

J’ai beaucoup apprécié cette année passée avec vous, riche en partage et en découvertes.

A l’année prochaine pour de nouveaux pas sur le chemin de l’Alchimie.
En attendant, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.

Petite dédicace à la personne à qui j’ai consacré l’ouverture de cette page, il y a si longtemps, il y a si peu de temps, dans une autre vie: I hope you are happier than you used to be… Have fun and stay true. But I stay convinced that there is no such thing as coincidence.

Amicalement,
Charlisban

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